Depuis quelques décennies, le métier d’archiviste connaît une profonde transformation. À l’ère du numérique, les archivistes ne sont plus seulement les gardiens de la mémoire, mais aussi les gestionnaires d’informations complexes et numériques. Avec l’émergence de technologies comme l’intelligence artificielle et la blockchain, la profession se retrouve face à un choix stratégique : faut-il embrasser une polyvalence accrue ou se spécialiser pour répondre aux attentes actuelles et futures ? Cette question est d’autant plus pertinente pour les professionnels en transition vers des rôles liés à la gestion de l’information et au management des connaissances.
1. Pourquoi cette mutation?
La transformation numérique est au cœur de ces changements et plusieurs facteurs y contribuent :
• La digitalisation croissante des institutions et des entreprises impose de nouvelles méthodes de gestion de l’information.
• L’augmentation exponentielle du volume des données (Big Data) pousse à adopter des approches plus innovantes.
• Les attentes sociétales évoluent : transparence, protection des données personnelles et conservation éthique deviennent des priorités.
2. Les nouvelles exigences du métier d’archiviste
L’évolution des supports et des procédés de gestion de l’information a profondément transformé le métier de l’archiviste qui doit désormais maîtriser de nouvelles compétences, notamment :
- L’Intelligence artificielle (IA) : Elle est de plus en plus utilisée pour l’analyse sémantique, l’automatisation des processus d’archivage et la reconnaissance documentaire.
- La gestion des données : Savoir collecter organiser, analyser et protéger de vastes volumes de données numériques devient indispensable.
- Blockchain : Cette technologie offre des garanties en matière de traçabilité et de transparence dans la gestion des archives.
- La gestion électronique des documents (GED) : Les organisations recherchent des experts capables d’implémenter et d’optimiser ces systèmes d’information.
- La création et la gestion de système d’information : Au-delà de simples archivistes, les entreprises veulent des personnes capables de concevoir des systèmes complexes de gestion de l’information.
3. Les défis pour les professionnels
. L’obligation d’être multidisciplinaire : Les archivistes doivent désormais jongler entre plusieurs rôles : technicien, gestionnaire, analyste de données, conseiller stratégique, voire Informaticien
Cette polyvalence est enrichissante, mais elle soulève aussi des défis :
• Temps d’adaptation : Acquérir et actualiser ces compétences demande un apprentissage permanent.
• Charge mentale accrue : Une diversification excessive des missions peut engendrer un stress important et un risque de fatigue professionnelle.
4. Comment s’adapter au changement ?
Pour mieux gérer ces défis, plusieurs solutions existent:
• Formations continues : Se certifier en GED, en gestion des données ou en blockchain renforce l’employabilité.
• Mentorat : Collaborer avec des experts d’autres disciplines (data scientists, informaticiens) facilite l’acquisition de compétences.
• Ressources en ligne : Des plateformes comme OpenSAP, Udemy ou des webinaires sont accessibles pour un apprentissage flexible.
• Expérimentation sur le terrain : La mise en place de projets pilotes dans son organisation peut aider à démontrer la valeur des nouvelles pratiques documentaires.
5. Polyvalence et spécialisation : trouver l’équilibre
- Les avantages de la polyvalence
Être polyvalent permet aux archivistes d’intervenir dans des domaines connexes comme la gestion des connaissances, l’analyse des données ou la numérisation du patrimoine documentaire. C’est un excellent moyen d’élargir ses opportunités professionnelles et rester compétitif.
- Les bénéfices de la spécialisation
Se spécialiser permet d’acquérir une expertise recherchée et de se positionner comme référent dans son domaine. Quelques exemples :
–Archivage électronique : Implémentation de systèmes conformes aux normes.
–Gestion des métadonnées : Structuration et indexation efficace des ressources.
– Conservation numérique : Application de protocoles assurant la pérennité des archives.
–Formation et sensibilisation : Accompagner les organisations et les professionnels dans la gestion de l’information.
L’archiviste moderne doit naviguer entre polyvalence et spécialisation. Si la technologie impose une adaptation constante, il est essentiel de préserver l’essence du métier : assurer la pérennité de l’information. L’exploration de nouveaux rôles, notamment dans la formation et la sensibilisation, peut ouvrir des perspectives enrichissantes et contribuer à faire évoluer la perception du métier.

